Mais qui a installé cette caméra ?
La majorité municipale vient de décider l’expérimentation de la vidéosurveillance sur 3 sites de la ville de Grenoble. Je me suis déjà exprimé sur ce dossier et je ne relancerais donc pas le débat. Mais pour illustrer le caractère absurde et le manque de courage politique sur ce dossier rien de tel qu’un petit exemple.

Michel Destot s’est déjà exprimé sur les caméras installées sur l’espace public, de la gare de Grenoble à la place de Verdun : d’après lui, elles ont été installées par la préfecture, elles ne seraient pas encore branchées et elles seront utiles pour contrôler les flux de circulation automobile. Raté : la ville doit donner son autorisation pour l’installation sur du mobilier urbain, elles sont branchées et elles sont là, non pas pour la circulation, mais pour surveiller les manifestations qui empruntent le parcours sur lequel elles sont installées…
Aujourd’hui une nouvelle caméra qui peut visionner à 360° vient de fleurir place Grenette juste au dessus de l’endroit le plus piéton de la ville. Difficile d’imaginer que cette caméra sert à contrôler les flux de circulation automobile…. Serait-ce alors une caméra installée ici avant même d’avoir le vote de la mise en place du dispositif expérimental de la Ville qui pourtant n’est pas prévu à cet endroit ? Le premier adjoint en charge de la sécurité assure que non. La préfecture, elle aussi contactée, assure qu’elle n’est pas non plus à l’origine de cette installation. Ce ne serait donc ni la ville de Grenoble, ni la préfecture. Mais qui alors ? On finira bien par le savoir mais il faudra fouiller, demander des documents officiels, éventuellement faire des recours juridiques.
Ce qu’illustre bien cet exemple, c’est que l’installation de caméras se fait en catimini, sans débat et que tout est fait pour mettre les grenoblois devant le fait accompli. Et pendant ce temps là, le gouvernement Sarkozy continu a supprimer des postes de fonctionnaires de police. Il y a 15 jours un des cafés de la place Grenette situé à 5 mètres de la nouvelle caméra a fait hurler une sono jusqu’à plus d’une heure du matin. Plus d’une 50 aine de personnes ont appelé la police pour se plaindre du tapage nocturne. Réponse : nous sommes débordés, nous ne traitons que les cas graves, pas les tapages nocturnes. On comprendra qu’il y a plus grave qu’une sono dont le niveau sonore dépasse largement les limites autorisées. Mais une équipe de policier supplémentaire le soir en ville permettrait de traiter aussi ce genre de problème. A la place, nous aurons des caméras qui ne serviront à rien… et toujours autant d’incivilités et de délinquance.
### Olivier Bertrand ###
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